La crise des enseignants au Québec: une réalité inquiétante à la veille de la rentrée scolaire
- joliettereecjl
- 21 août 2025
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À l'approche de la rentrée scolaire, le Québec fait face à une crise majeure dans le recrutement d'enseignants. Actuellement, près de 3 000 postes d'enseignants restent à combler dans les centres de services scolaires. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux années précédentes, il soulève d'importantes inquiétudes quant à la qualité de l'éducation. Le ministre de l'Éducation, Bernard Drainville, a mentionné les efforts déployés pour recruter des enseignants, mais la situation demeure préoccupante.
Un portrait inquiétant
L'augmentation des enseignants non légalement qualifiés (NLQ) illustre cette problématique. Actuellement, ils représentent près de 10 % du personnel enseignant, soit environ 10 400 enseignants. Ce chiffre a crû par rapport à 2022, où ils formaient 8,9 % du personnel. De plus, il est important de noter que plus de 1 000 aspirants enseignants étaient inscrits à des programmes de formation courte l'an dernier, sans même compter les suppléants à la journée.
Cette forte proportion d'enseignants NLQ soulève des questions sur la qualité de l'éducation dispensée aux élèves. Par exemple, des études montrent que des classes dirigées par des enseignants bien formés affichent des taux de réussite supérieure, avec 75 % des élèves engagés dans des matières fondamentales comme les mathématiques et le français, comparativement à 55 % dans les classes avec des enseignants moins qualifiés.

Les efforts de recrutement
Face à cette crise, le gouvernement du Québec a mis en œuvre plusieurs initiatives pour attirer de nouveaux enseignants. Par exemple, plusieurs universités offrent désormais des programmes courts de 30 crédits, permettant de former des enseignants plus rapidement, et sans le brevet traditionnel. Dans un contexte où le nombre de nouveaux enseignants n'a pas encore suffi à répondre à la demande croissante, ces efforts doivent s'intensifier.
Les restrictions budgétaires annoncées en juin ont également impacté le recrutement. Bien que des réinvestissements aient été réalisés sous la pression de la société civile, l'effet de ces mesures sur le personnel de soutien, comme les techniciens en éducation spécialisée et les orthophonistes, reste incertain. Une étude récente a démontré que chaque exemple de coupures budgétaires génère une perte d'environ 10 à 15 % d’efficacité dans le soutien éducatif offert aux élèves en difficulté.
Les conséquences des restrictions budgétaires
Les coupures budgétaires du gouvernement Legault ont suscité des préocupations inquiétantes. Les réductions de financement peuvent avoir des répercussions graves sur la qualité de l'éducation et sur le soutien aux élèves en difficulté. Mélanie Hubert, de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), souligne que la situation pourrait entraîner des dommages irréversibles.
Un manque de personnel qualifié crée une surcharge de travail pour les enseignants en place. Par conséquent, ils peuvent être moins disponibles pour apporter un soutien individualisé aux élèves.
Un rapport récent a montré que les élèves qui n'ont pas accès à un soutien adéquat voient leurs résultats scolaires baisser de 20 à 30 % dans les matières fondamentales.

La nécessité d'une réforme
Une réévaluation en profondeur des critères de qualification des enseignants s’impose de toute urgence si nous voulons garantir une éducation de qualité à nos élèves.
Au-delà de ce constat, le Québec, en tant que société, doit avoir le courage de se questionner et de remettre en cause certains fondements de son système d’éducation.
Il est peut-être temps de réexaminer la pertinence de l’école obligatoire jusqu’à 16 ans, ou encore de revoir l’équilibre entre les cours de français, très nombreux, et d’autres apprentissages tout aussi essentiels pour la vie quotidienne. Des matières comme la cuisine, la gestion des impôts ou les réparations mineures pourraient s’avérer bien plus utiles à un grand nombre de nos jeunes, en leur offrant des outils concrets pour affronter la réalité.
Si nous refusons d’ouvrir ce débat maintenant, c’est toute une génération qui risque d’en payer le prix.
Une plus grande variété de matières pourrait attirer de jeunes talents vers l’enseignement. Offrir des bourses d’études aux étudiants intéressés par une carrière en éducation, comme la bourse Perspectives Québec, pourrait également stimuler les inscriptions dans les programmes de formation des enseignants.

L'importance de la qualité de l'éducation
Les élèves d'aujourd'hui deviendront les leaders de demain. Il faut qu'ils aient accès à une éducation de qualité. Le recours croissant à des enseignants non légalement qualifiés remet en question la capacité du système éducatif à répondre aux besoins des élèves.
L’éducation ne se limite pas à l’acquisition de connaissances. Si nous oublions son rôle dans le développement de compétences pratiques et humaines, nous risquons de préparer une génération brillante en théorie, mais démunie face aux réalités de la vie quotidienne; comme c’est déjà le cas pour une partie de nos jeunes adultes aujourd’hui.
Un appel à l'action
La crise des enseignants au Québec nécessite une attention immédiate à l'approche de la rentrée scolaire. L'avenir des élèves, et par conséquent celui de la société québécoise dépend de ces actions. Les étudiants, enseignants, et jeunes adultes de la région de Joliette doivent être au cœur de cette réflexion pour bâtir un avenir éducatif solide et prometteur.




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