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Un élixir social préparé en p’tites batches

  • Photo du rédacteur: Atôme Crochu
    Atôme Crochu
  • 22 mars
  • 2 min de lecture

Suite aux derniers articles qui abordaient deux des grandes traditions brassicoles en utilisant des brasseries de la région de Joliette, pourquoi ne pas poursuivre en abordant une autre de ces traditions ? Parlons de la tradition brassicole belge à l’aide de l’un des merveilleux élixirs de la microbrasserie L’Apothicaire, située à Saint‑Thomas.

Sans pour autant dire que Albion ne produit que des bières anglaises ou encore que Maltstrom se concentre uniquement sur la production de lagers, ces brasseries possèdent un certain créneau, une spécialité, voire une signature qui fait qu’elles se démarquent dans le paysage brassicole québécois. L’Apothicaire, pour sa part, offre une gamme de produits très variée, allant des bières de soif anglaises aux pilsners tchèques, en passant par certaines bières fortes d’inspiration belge.



Qu’est‑ce qu’une bière de tradition belge ?


Si l’on associe la tradition allemande à une emphase sur le malt et à l’absence de saveurs provenant de la levure, la tradition belge, quant à elle, est ancrée dans l’exubérance des arômes produits par cette dernière. En effet, que ce soit dans les bières de fermentation spontanée et leur acidité tranchante, les saisons aux phénols poivrés ou encore les doubles aux effluves de pruneaux et d’épices douces, c’est bel et bien la levure qui est responsable de ces profils aromatiques.


Ces arômes proviennent principalement de deux groupes de molécules : les phénols et les esters. Pour faire simple, il s’agit de composés créés par des procédés biochimiques lors de la fermentation de la bière. De manière générale, plus la température de fermentation est élevée, plus ces arômes seront présents dans le produit final. Il est donc logique de conclure que les bières belges figurent parmi celles fermentées aux températures les plus élevées.


Au final, il est impossible de parler de bières belges sans mentionner l’influence du clergé sur leur confection. En effet, la Belgique est parsemée d’abbayes qui, historiquement, brassaient leur propre bière tant pour la vente que pour l’apport calorique lors des jeûnes religieux traditionnels. Ainsi, la triple, ou tripel en néerlandais — style de bière qui sera abordé ci‑dessous —, est originaire de l’abbaye Notre‑Dame du Sacré‑Cœur de Westmalle, située dans le nord de la Belgique.


Tripel – 9,0 % – L’Apothicaire


D’un blond foncé tirant sur le doré, légèrement voilé et coiffé d’une mousse épaisse aux grosses bulles parfumées, cette triple est des plus invitantes. Au nez, à s’y méprendre, elle évoque le Luxardo Maraschino, une liqueur italienne à la cerise rappelant le kirsch, l’extrait d’amande et la cerise marasquinée. S’y ajoutent des arômes fruités tels que la pelure de mandarine séchée, avec même une touche de bonbon à la banane. On perçoit également des effluves rappelant le clou de girofle, le poivre blanc et le sucre candi.

En bouche, on comprend rapidement qu’il ne s’agit pas d’une petite bière ; cela dit, l’ensemble demeure remarquablement bien équilibré. Il ne faut pas oublier que l’alcool est un exhausteur de goût : lorsqu’il est bien maîtrisé, comme c’est le cas ici, il ne fait qu’enrichir l’expérience gustative. Malgré sa sécheresse, la bière conserve une certaine rondeur qui aide à camoufler son taux d’alcool élevé. Bref, une bière merveilleuse pour se réchauffer en ce début d’année glacial.

  


 Marc‑André – Sommelier

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