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Faut-il accroître la surveillance des associations étudiantes?

  • Photo du rédacteur: Atôme Crochu
    Atôme Crochu
  • 22 mars
  • 2 min de lecture

Et si on te disait que cet hiver, des décisions ont été prises en ton nom… sans toi? Que des règles démocratiques de base ont été contournées? Que des inconnus ont pu circuler dans des locaux contenant tes informations confidentielles?


Ce n’est pas un scénario fictif. C’est une série de situations bien réelles survenues durant la session d’hiver 2026.


Tes données laissées à découvert


Les clés des locaux d’entreposage ont été perdues. Par la suite, des personnes n’ayant aucun rôle exécutif ont pu accéder au local exécutif sans supervision.Dans ce local se trouvaient des documents confidentiels concernant des étudiants, des chèques et des dossiers sensibles.Des personnes externes ont manipulé ces documents et les ont déplacés. L’association a été mise au courant de la situation et n’a pas réagi. Elle a également refusé à plusieurs reprises d’ouvrir la discussion à ce sujet lors de réunions exécutives. Concrètement, cela signifie que tes renseignements personnels on été accessibles sans encadrement. Quand les mécanismes de protection échouent, ce ne sont pas des formulaires abstraits qui sont en jeu. Ce sont les données d’étudiants bien réels.



Décider sans quorum : une démocratie affaiblie

Des décisions ont également été adoptées en assemblée générale sans quorum, soit avec moins de 40 personnes présentes, malgré les règles de quorum prévues. Cela signifie que des orientations pouvant affecter les services, les priorités budgétaires ou les positions politiques ont été prises sans mobilisation étudiante suffisante.


Un exemple important serait le processus d’élections intérimaires qui a été tenu sans atteindre le quorum requis. Des postes exécutifs ont ainsi pu être attribués sans participation démocratique suffisante de la population étudiante.

Aujourd’hui, une partie importante des décisions executive, qu’elles concernent les services, les finances ou les orientations politiques, est prise par des personnes dont la légitimité démocratique peut être sérieusement remise en question. Les règles électorales deviennent optionnelles, la confiance collective commence à se fissurer.


Le pouvoir personnel avant les règles collectives

Dans ce même contexte, des membres supports ont vu leur statut retiré pour des motifs personnels ou relationnels, sans processus disciplinaire clair ni motifs formels documentés. L’accès à une organisation semble dépendre davantage des affinités que des règlements, le fonctionnement démocratique se transforme. L’association étudiante peut alors devenir arbitraire, imprévisible et excluant.


Proposer peut mener à l’exclusion

Une proposition étudiante demandant que l’association se positionne publiquement pour que la Caisse de dépôt cesse certains investissements liés à Israël a été écartée sans être débattue. L’étudiant ayant formulé cette proposition a ensuite été bloqué dans des espaces de communication de L'association étudiante.

Dans un milieu censé encourager la participation et le débat, la possibilité même de proposer des idées devient alors incertaine.


Des services essentiels abandonnés

Pendant toute la session d’hiver 2026, les distributrices de produits hygiéniques gratuits destinées aux étudiantes sont restées vides. Dans le même temps, des mesures d’aide contre la précarité ont été interrompues, comme la friperie étudiante et certaines aides alimentaires. Pour plusieurs étudiantes et étudiants, ces services représentent un soutien concret au quotidien. Leur interruption peut accentuer les inégalités et fragiliser la persévérance scolaire.


Des pratiques internes contraires aux règles du cégep

Enfin, certains protocoles appliqués dans la gestion exécutive entrent directement en contradiction avec des politiques écrites et officielles du cégep.

Dans un tel contexte, les membres ne participent plus librement : ils avancent avec la peur constante d’être sanctionnés, soit par l’école, soit par l’association censée les représenter.


Au final, ces situations ne concernent pas seulement une organisation. Elles concernent la manière dont le pouvoir est exercé au sein d’un milieu étudiant.

Chaque décision prise sans quorum peut influencer les services dont tu dépends. Chaque donnée mal protégée peut être la tienne. Chaque voix ignorée pourrait être la tienne.


Une association étudiante n’existe que par la participation et la confiance des étudiants. Lorsque ces fondations s’effritent, c’est toute la communauté qui doit se demander : quelle gouvernance veut-elle réellement pour se représenter?


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